Comment choisir sa marque de complément alimentaire

Aujourd’hui j’ai décidé d’interviewer mon ami @MatthieuBlanco qui détient la marque Bio  Tartinades afin de lui poser quelques questions concernant nos fameux compléments alimentaires sportifs.

J’ai pensé à lui de suite étant donné qu’il côtoie directement l’industrie agroalimentaire et connait donc ses vices, mais aussi ses bonnes surprises.

Voilà donc notre petite interview :

 

Quels sont les facteurs rédhibitoires à tes yeux qui font que tu ne consommeras pas un produit ou une marque ?

Le premier facteur rédhibitoire peut être la marque. Si elle est connue pour être basée uniquement sur du marketing agressif ? Si elle ne s’engage pas un minimum pour l’écologie. Si elle pousse les gens à consommer de manière déraisonnable, cache des infos sur la conception / fabrication des produits, etc.

Le deuxième facteur va être dans la composition! Si je cherche un produit pour un besoin “simple”, la liste des ingrédients n’a pas à faire plusieurs dizaines de lignes avec énormément de termes incompréhensibles ou inconnus.

Comment choisi tu les produits que tu achètes ?

Je vais déjà éliminer les produits qui contiennent des ingrédients d’origine animale, pour plusieurs raisons :

  1. Les animaux, l’environnement et ma santé.


  2. Les produits d’origine animale dans les produits de complément alimentaire sont souvent des déchets retransformés (whey, omega3 base poisson, etc.) et même surtransformés vendu à prix d’or le tout enrobé de marketing.


  3. La conception des produits “vegan” est récente, bénéficiant très souvent d’ingrédients plus innovants et prenants en compte plus de contraintes.




Cela va déjà éliminer pas mal de produits et me pousser à rechercher des alternatives plus saines.

J’évite aussi les produits avec des listes d’ingrédients hyper longues avec des émulsifiant, arômes, colorant, édulcorant, etc. Dans la vie courante comme dans les compléments alimentaires : je préfère avoir un produit brut (qui parfois pue) que je vais mélanger moi-même à du cacao, sucre de coco, une banane ou des fruits.

Et, quand c’est possible, en bio ! C’est rare, mais ça arrive de plus en plus sur le marché.


Comment savoir si une marque est de qualité ? Et un produit ?


C’est très compliqué, car il y a très peu de fabricants. Souvent, les produits de compléments alimentaires proviennent des mêmes laboratoires et sont simplement emballés différemment. La composition et la qualité peuvent varier en fonction du cahier des charges de la marque, mais “ça sort du même endroit”.

Ensuite, parfois il suffit de rechercher la marque sur internet et d’aller un peu plus loin que la page 1 des résultats. Regarder les avis, aller sur Wikipedia pour voir à qui appartient la marque où si elle a été rachetée dernièrement et ainsi s’assurer de donner son argent à des entreprises plus responsables que d’autres.

Quels sont les composants à éviter absolument à tes yeux ?

De bases les composant d’origine animale. Vous n’auriez pas envie de voir comment on les fabrique et ils sont souvent issus de “déchets” (de l’industrie de la viande, poisson ou laitière).

Ensuite, on retrouve souvent ces ingrédients auxquels il faut prêter attention :

Émulsifiant : la lécithine de soja non bio commence enfin à être interdite dans certains produits ! La lécithine sert principalement à stabiliser différents ingrédients qui normalement ne sont pas faits pour se mélanger ou rester mélangés. Plus il y a d’ingrédients différents, plus les fabricants vont avoir besoin de rajouter de la lécithine pour que l’ensemble tienne dans le produit ou à la reconstitution (par exemple, poudre à shaker).

Édulcorant : le goût du sucre sans le sucre ! On en trouvera beaucoup sous la forme de polyol (vous savez, tous ces mots qui terminent en -ol comme le xylitol, maltitol, mais aussi l’isomalt, l’aspartame et bien d’autres).

Vendu souvent comme “solution miracle, car à fort pouvoir sucrant, peu / sans calorie, ne provoquant pas de carie”, on arrive toujours au même point des années plus tard : la plupart interdit en produit et bio, déconseillé aux enfants / femmes enceintes, souvent responsable d’effets secondaires indésirables à forte dose et certains carrément douteux / cancérogène.

Colorant : Là encore, si le produit n’est pas bio il y a de fortes chances que les colorants utilisés soient “douteux” ou “nocifs”. Et surtout, qu’il n’y a pas d’intérêt dans un produit de complément alimentaire… Le plus connu va être le rouge cochenille – des insectes écrasés – (E124) qui commence à être très douteux pour la santé, puis le jaune de quinoline (E104). Il en existe des centaines, dès que vous avez un doute tapez son nom ou sa référence E-XXX sur internet et documentez-vous en quelques secondes.

Les colorants des produits bio sont issus de fruits ou légumes simplement. Ils sont plus chers pour les fabricants, moins “fluo” et variants, mais au moins on ne met pas sa santé en jeu 🙂

Épaississant : vous en avez des normaux et d’autres, comme le carraghénane à fuir qui malgré sa toxicité est encore largement utilisé dans de nombreux produits pour obtenir une texture épaisse.

Est-il possible de savoir la qualité des matières premières dans un produit ?


Si le fabricant en est fier, il mettra en avant les ingrédients ! Sinon, il y aura beaucoup de marketing focalisé sur une ou deux choses bien précises et une liste d’ingrédients très longue et obscure.

Dans le monde des produits de compléments / suppléments alimentaires, la route est encore longue, car même si de plus en plus de produits de nouvelle génération vegan sont disponibles, le bio fait à peine son entrée.

Il est parfois intéressant de noter qu’on est très demandeur de produits éthiques pour notre alimentation quotidienne, mais quand il s’agit de faire du sport, il n’y a plus que le résultat à très court terme qui prime sur tout le reste. C’est, presque “peu importe comment c’est fabriqué et avec quoi, ainsi que de l’incidence sur ma santé ou la nature, je veux obtenir tel ou tel résultat super vite”.

D’autres parts, comme la plupart des produits parlent très peu de comment ils sont faits et qu’il est difficile d’établir la qualité des matières premières : demandez ! Imaginez un fabricant qui reçoit chaque semaine des dizaines d’emails lui demandant d’où vient tel ou tel ingrédient, comment est-ce fabriqué, etc. Vous pouvez être sûr que dans le trimestre, il va commencer à communiquer dessus, ou à voir en interne comment changer les ingrédients problématiques sur ce produit ou une future version.

Ne pensez jamais que vous n’êtes qu’une consommatrice isolée, une poignée de clientes peuvent changer l’orientation d’un produit ou d’une marque.

Merci à Matthieu pour son intervention dans ce post ; maintenant > place au résumé :

1 – Plus une liste d’ingrédient est courte ; mieux c’est.

2 – Si un fabricant est fier de son produit, il parlera de lui-même de la provenance de ses matières premières sur son site ou sur ses emballages.

3 – Ne vous laissez pas avoir par du marketing qui met en avant un seul composant/ingrédient.

4 – Choisissez au maximum des produits bruts plutôt que des cocktails de plusieurs choses (exemple : au lieu de choisir un mix tout fait pour pancake protéiné > achetez diverses farines brutes afin de faire votre propre cocktail de farine protéiné . Souvent moins cher au /kg et au moins on sait ce qu’on a dedans)

5 – Évitez les produits aux prix gonflés sans efficacité. Je prends pour exemple la glutamine qui est souvent incrustée dans les BCAA. Aucune utilité d’avoir de la glutamine dans vos BCAA, car elle ne s’assimile pas réellement par voie orale, mais uniquement par injection. C’est un bon produit qui permet d’augmenter la perméabilité des intestins (bon pour les personnes ayant des maladies inflammatoire chroniques des intestins), mais dans le cadre du sport et des résultats physiques/récupération : aucun intérêt.  Préférez des BCAA au plus « brut » possible.

6 – Évitez les ajouts chimiques nocifs dans vos formulations